Suite et fin de l’interview de l’ancien Chef de Service d’Hygiène Hospitalière du Centre hospitalier de Versailles, le docteur Allouch.

« Docteur Allouch, y'a-t-il des avantages à adopter le nettoyage désinfection vapeur ? »

Le bio nettoyage par la vapeur est une vraie alternative à l’emploi d’une solution détergente/désinfectante.
Bio nettoyage vapeur milieu hospitalier

« Comment agit le procédé de nettoyage-désinfection par la vapeur ? »

Schématiquement, une machine de nettoyage par la vapeur est composée de 2 parties.
Première partie : la cuve dans laquelle est fabriquée la vapeur.

Deuxième partie : les accessoires par où la vapeur est éjectée et qui vont servir au nettoyage de la surface. Vous le savez à la hauteur du niveau de la mer, la vapeur d’eau est obtenue à la température de 100°C. Si l’on monte en altitude, c’est-à-dire si la pression atmosphérique est moindre, la vapeur d’eau se forme à une température beaucoup plus faible.

Dans une cuve de machine à fabriquer de la vapeur, la pression va au contraire être énorme, jusqu’à 9 atmosphères pour les machines les plus perfectionnées, donc la vapeur d’eau va être fabriquée à une température extrêmement élevée. Cette vapeur d’eau va être projetée sur la surface à nettoyer et à ce moment là l’énergie énorme emmagasinée va servir à deux choses :

  • Premièrement : la vapeur va, en libérant son énergie pour revenir à l’état d’eau, fournir une grande quantité de force qui va à la fois mouiller la surface et surtout permettre que la saleté soit détergée, complètement arrachée à la surface.
  • Deuxièmement : l’énorme quantité d’énergie préparée dans la cuve, va heurter les bactéries qui vont littéralement exploser. Il ne nous reste plus à ce moment là qu’à récupérer la vapeur d’eau qui s’est condensée, chargée de la saleté et des cadavres des bactéries. C’est là qu’intervient un autre élément extrêmement important : la qualité de la microfibre.

La microfibre (par abus de langage on parle de microfibre pour désigner la lingette ou « MOP® » tissée en microfibre), est faite à partir d’un fil, qui pèse moins d’un gramme pour 10 kilomètres.

  • Aux qualités de la cuve : plus cette cuve produit de la vapeur à une pression élevée, meilleure sera l’utilisation.
  • Au deuxième élément important : il faut que cette vapeur soit distribuée de manière harmonieuse sur les surfaces à nettoyer-désinfecter, donc être très rigoureux sur le choix des accessoires.
  • Dernier point, il faut que cette machine, soit adaptée à l’usage de lingettes en microfibre extrêmement performantes.

Voilà, ce sont les 3 critères de choix d’une bonne machine donc d’un bon bionettoyage.

« Docteur Allouch, peut-on alors complètement remplacer l’usage des nettoyants-désinfectants par la vapeur ? »

Avant de répondre complètement à votre question, je voudrais préciser quelque chose :

C’est le même produit, le même processus qui apporte à la fois, la détergence et la bactéricidie.

Je vous l’ai déjà dit;  le gros désavantage des produits chimiques, c’est qu’il faut les laisser agir suffisamment longtemps, donc les laisser sécher ; il faudrait s’imposer une étape supplémentaire de récupération ce qui n’est jamais fait et ce qui conduit toujours à un encrassage des surfaces.

 

« Il me semble que la méthode de nettoyage-désinfection par la vapeur est la seule méthode permettant à la fois la détergence et la désinfection en un temps. »

La méthode vapeur ne peut pas être utilisée constamment, soyons raisonnable. Une infirmière va faire un soin dans une chambre, elle renverse un peu de liquide biologique ou de médicament sur une surface, il est hors de question de sortir la machine, de remplir la cuve, de la mettre en chauffe, de venir avec la machine faire le bionettoyage. Non, là on comprend bien, un nettoyage désinfection avec détergence chimique a et aura encore tout à fait sa place.

« A l’inverse, il y a des circonstances où la méthode vapeur me paraît obligatoire. »

 

Je pense notamment à l’entretien des blocs en fin de journée ou bien lorsqu’une désinfection est indispensable. Donc là, à mon avis la place de la vapeur est indiscutable.
En démarrant l’entretien, j’ai évoqué les bactéries multi-résistantes, c’est-à-dire des bactéries, capables de ne pas, excusez-moi de la formule, être tuées par les antibiotiques les plus courants, voire même par les antibiotiques les plus forts. Très souvent, ces bactéries résistent aussi aux antiseptiques et aux désinfectants, comme cela a été prouvé. Ces bactéries se rencontrent très souvent en service de réanimation et je vous dirais que pour cette raison, à la sortie d’une chambre de patient de réanimation, un nettoyage vapeur me paraît une très bonne chose.
De même à la sortie d’un patient qui était infecté ou colonisé par une bactérie multirésistante, le plus simple, le plus efficace et vraisemblablement le plus économique est un bionettoyage par la méthode vapeur (4mn).